Collection permanente

La collection de peintures qui commence au 16e siècle avec une magnifique ”Déploration du Christ” de Frans Floris se poursuit au 17e avec les œuvres du meldois Jean Senelle, une belle ”Adoration des mages” des Frères Le Nain, une dramatique ”Crucifixion” de Noël Coypel ou encore une charmante ”Naissance de Jupiter” de Bon Boullogne.
Fin 17e, les scènes mythologiques d’un Jean-François de Troy ou d’un François Verdier sont prétextes à de belles compositions corporelles.

Au 18e, la peinture religieuse plus légère est représentée par un élégant “Saint Sébastien” de Charles Antoine Coypel ou un galant “David et Bethsabée” de Carle Van Loo.
Le souvenir de Bossuet, le célèbre évêque de Meaux, est évoqué par ses portraits de Pierre Mignard et Hyacinthe Rigaud.

Au 19e , c’est au contraire le paysage qui domine avec les œuvres de l’école de Barbizon, deux Daubigny ou un ensemble orientaliste illustré par Gérôme et Decamps. Parmi les scènes de genre se remarque la ”Femme portant un panier” de Jean-François Millet.

Depuis 2012, une salle du 20e siècle a été aménagée pour présenter les portraits de paysans briards réalisés par le sculpteur Paul Niclausse (1879-1958) et les paysages peints par des peintres locaux.

L’art décoratif enfin est représenté par quelques belles pièces de mobilier de style Louis XV et Louis XVI en provenance de l’ancienne collection des évêques de Meaux.

Quelques œuvres de la collection

La Châsse de Nantouillet

Cette châsse provenant de l’atelier de l’abbaye de Saint-Martial de Limoges est constituée de pans de toit en bâtière et de pignons pentagonaux, ornée de plaques de cuivre émaillées, datées pour une partie de 1180 et pour l’autre de 1210. Six scènes liées au cycle pascal y sont représentées.

La châsse contenait les reliques de Saints Cosme et Damien, Sainte Catherine, Saint Georges et Sainte Marie-Madeleine.

La tête d’Ogier

Cette tête sculptée dans la pierre fut redécouverte dans les démolitions d'un mur bordant la Marne à l'extrémité de la rue des Vieux Moulins. La sculpture a fait l'objet de nombreuses études et controverses mais il semblerait qu'il s'agit d'un élément provenant d'un monument funéraire disparu, situé autrefois dans l'église de l'abbaye Saint Faron de Meaux détruite à la révolution.

On en garde le souvenir grâce à des gravures qui nous montrent une architecture en forme de portail où reposent deux gisants. Ces personnages ont été identifiés comme étant Benoit et Ogier dit « le danois », seigneur à la suite de Charlemagne. L'arrachement de la pierre fait penser que l'on est ici en présence de la Tête d' Ogier. Une légende très répandue racontait que les deux amis s'étaient retirés à l'abbaye Saint Faron après avoir mis à l'épreuve ses moines d'une façon assez puérile. Ils seraient en effet venus dans l'église du monastère pendant un office religieux et auraient jeté dans le chœur un bâton chargé de grelots sans que les religieux n'en soient distraits dans leurs prières. Touchés par leur ferveur, ils auraient donc choisi cette abbaye pour fuir leur vie d’aventuriers.

Cette tête plus grande que nature d'environ 40 cm de hauteur est très expressive avec une symétrie parfaite du visage, large aux joues plates, aux oreilles très développées, reposant sur un cou puissant. L'ensemble de ces traits rend cette sculpture massive et imposante. A cette monumentalité répond le travail très précis et soigné du sculpteur qui reproduit avec netteté les poils de la barbe en forme de boutons, les mèches de la tonsure rigoureusement placées et terminées par une boucle, la bouche petite et bien ourlée, l'œil bien dessiné. Malgré les mutilations subies, une force se dégage de cette œuvre dont on peut rapprocher le style aux différentes sculptures du début de la période gothique et en conséquence dater son exécution des années 1160.

La déploration du Christ

Frans FLORIS (Anvers 1519 – 1570)

Floris tient, vers le milieu du XVIème siècle, le plus important atelier d'Anvers, avec une centaine d'élèves. Il étudie à Rome et est fortement impressionné par le « jugement dernier » de Michel Ange. Ce tableau, peint sur bois, dont le format a été modifié dans le haut, provient de la collection des évêques de Meaux. C'est une composition en spirale donnée par la couleur blanc nacré des visages de Jean, Marie, Marie Madeleine, le corps du Christ pour continuer par l'humanité représentée par les Saintes Femmes, Joseph d'Arimathie et Nicodème. Les visages douloureux, la Vierge en pamoison, la tendresse humaine dans les gestes des proches du Christ et la dignité dans les gestes d'affliction de l'humanité donnent à ce tableau gravité et émotion. C'est l'un des grands tableaux religieux de la Renaissance, d'une sincérité émouvante.

Commode de Charles Cressent

Charles Cressent (Amiens 1685 – Paris 1768)

Célèbre ébéniste du Régent, installé rue Notre-Dame-des-Victoires à Paris, son atelier abritait deux salons d’exposition car il fut aussi un grand collectionneur de peintures, médailles, ivoires et objets précieux. Reçu maître sculpteur en 1719, membre de l’Académie Saint-Luc, il se parait alternativement des titres de sculpteur et d’ébéniste du Duc d’Orléans, mais il travailla aussi pour la cour portugaise et les princes électeurs de Bavière. Bureaux plats, bibliothèques, armoires, régulateurs, cartels furent l’essentiel de sa production. Il eut de nombreuses démêlées avec les corporations de fondeurs et de doreurs car il fabriquait dans son atelier ses propres bronzes.

En bois satiné et amarante, cette commode est reconnaissable surtout à ses bronzes dorés, dits « à l’espagnolette » aux angles, en têtes de femmes à coiffe de dentelle, qui semblent sorties de l’univers de Watteau. De très belles figures de faunes, ornées de feuillage, sont visibles sur le tablier et les profils du meuble. Le rythme de ce meuble est en arc d’arbalète spécial au style Régence. On remarquera les pieds décorés de pattes de lions. Le marbre griotte venant d’Italie épouse parfaitement le contour du tablier.

Cette commode fut vraisemblablement fabriquée vers 1725. Les meubles de Charles Cressent se vendirent mal à partir de 1760 car ils étaient démodés ; la mode étant aux commodes à la grecque de Simon Oeben. Aucun meuble de Cressent ne fut estampillé ; par contre tous les bronzes portent la marque d’un C couronné en usage chez les fondeurs en 1745-1749, marque qui fut découverte lors de la restauration de la commode en 1976.

Le saviez-vous ?

L'apothicairerie de l'Hôtel Dieu de Meaux

Inaugurée le 9 août 1719, l'apothicairerie de l'Hôtel Dieu est due au Cardinal Henri de Thiard de Bissy, évêque de Meaux. Elle comprenait un laboratoire où s'élaboraient les remèdes et un magasin de stockage et d'exposition dont sont issus les pots exposés actuellement au musée Bossuet dans la salle dédiée à l’apothicairerie. Pour la plupart, ces récipients sont en faïence de la région parisienne, à décor bleu de rameaux noués et boutons de fleurs.

Des motifs décoratifs sont aussi inspirés de la porcelaine de Chine et des faïences rouennaises. Des vases d'exposition sont à décor paysager.

Trois types de pots sont répandus pour la conservation des remèdes :

  • le pot cano, cylindrique, est destiné à recevoir des électuaires (poudres mêlées à du sirop), des onguents ou des pommades
  • la chevrette, ovoïde, munie d'une anse verticale et d'un goulot, pour stocker les sirops, huiles et mellites
  • la bouteille destinée à recevoir les eaux ou infusions

Les récipients comportent, soit une inscription cuite avec le décor, soit un cartouche blanc pour recevoir une étiquette. Des boîtes sont remarquables par la richesse de leur décor paysager. Du laboratoire proviennent des mortiers en pierre et en bronze, un chaudron marqué 1766, un biberon de malade en étain.

La collection permanente

Peintures & sculptures de maîtres

Le musée Bossuet

une architecture valorisée

Le palais épiscopal

un cadre historique exceptionnel