Visite du palais épiscopal de Meaux

L’extérieur

La façade côté cour (méridionale)

Telle qu’elle nous apparaît aujourd’hui, elle a été réalisée au début du XVIème siècle. A la charnière entre médiévale et moderne, elle comprend une chapelle médiévale, remaniée au XVème siècle et construite hors d’œuvre à l’extrémité Est et une tour rectangulaire en briques et en pierres qui fait saillie au milieu du bâtiment. Cet avant-corps de style renaissance vient rompre la monotonie de la façade et lui donne un certain air de grandeur grâce à ses grandes fenêtres divisées par des meneaux cruciformes, à sa porte basse cintrée et à son haut toit à pentes raides. Autrefois considérée comme l’affirmation visuelle de la puissance épiscopale, cette tour a été construite pour accueillir une pente servant d’escalier, d’inspiration renaissance italienne.

La façade coté jardin (septentrionale)

La façade vue du jardin, présente un ensemble harmonieux qui unit le bâtiment classique avec l’œuvre renaissance en briques. Elle comprend un vaste corps délimité aux extrémités par deux pavillons d’angle. Au premier niveau, la façade est percée de sept baies dont six rectangulaires et une, au milieu, en anse de panier. L’une des baies rectangulaires, celle située immédiatement à gauche de la baie centrale, est une réalisation en trompe-l’œil qui vise à assurer la symétrie de la façade. Le bâtiment s’ouvre sur une terrasse, soutenue au rez-de-chaussée par une série de sept arcades en plein cintre, qui forme une sorte de galerie servant à masquer le mur du XIIème siècle. L’ensemble présente les caractéristiques du XVIIème siècle.

Le jardin

Au XVIIème siècle, selon une tradition non confirmée, l’évêque Séguier confie l’agrandissement du jardin épiscopal au jeune jardinier André Le Nôtre. Il s’agit d’un jardin « à la française » de 8500 m2, composé d’un parterre évoquant la mitre d’un évêque. Il est divisé en quatre allées bordées de verdure qui se rencontrent autour d’un bassin et s’étend jusqu’aux remparts de la ville sur lesquels une terrasse plantée d’ifs et de buis est aménagée.

Le cabinet Bossuet

Sur la terrasse des remparts, le cardinal Dominique de Ligny fit construire un charmant petit pavillon qu’on appelle aujourd’hui le pavillon Bossuet. Suivant la tradition locale, cette petite construction était fortement appréciée de l’Aigle de Meaux qui aimait s’y rendre pour travailler dans la tranquillité et méditer. A l’occasion du tricentenaire de sa mort, on fit planter en son honneur dans le jardin une nouvelle variété de roses baptisées « Bossuet aigle de Meaux » qui rappelle par sa couleur mauve l’habit épiscopal.

L’intérieur

La montée

Cette montée, constituée de pans inclinés qui s’arrêtent sur des paliers successifs, est rare en France. Une explication anecdotique justifie sa réalisation par le fait que souffrant de la goutte, l’évêque Briçonnet y trouva un confort plus grand, nécessité par son état de santé. Cette pente lui permettait donc d’accéder plus facilement à ses appartements. Il aurait même possédé un mulet qui le conduisait jusqu’à cet endroit. Elle aurait permis également aux ânes de porter les sacs de céréales aux greniers. Mais, anecdote à part, il est certain que Guillaume Briçonnet, proche de la cour de François Ier, se soit inspiré des réalisations similaires introduites en France par des architectes influencés par la renaissance italienne ou venus d’Italie à la suite des campagnes militaires du roi.

Les salles basses

Au rez-de-chaussée, deux magnifiques salles, séparées par un mur épais, occupent toute la longueur du bâtiment. Chacune des salles est divisée en deux nefs par une file de colonnes monolithiques, cantonnées de quatre colonnettes engagées qui reçoivent la retombée des ogives. Les bases de ces colonnes présentent les griffes caractéristiques du XIIème siècle tandis que les chapiteaux, d’un style plus avancé, présentent un décor végétal orné de volutes, évoquant déjà de véritables crochets gothiques. La grande salle, longue de cinq travées, a pu servir de salle capitulaire avant la construction du Vieux Chapitre. L’autre salle, plus petite (trois travées), devait être la salle de l’officialité (siège de la cour de justice ecclésiastique). Ces salles forment avec la chapelle le monument le plus ancien de la ville de Meaux et accueillent aujourd’hui les expositions temporaires du musée Bossuet.

La chapelle double

Il s’agit d’une chapelle orientée à deux niveaux de type palatial datant de la seconde moitié du XIIème siècle. Au rez-de-chaussée, on accède à la chapelle basse par la salle de l’officialité. Cette chapelle, divisée en plusieurs pièces par des cloisons, présente une voûte d’arêtes et se termine à l’Est par une voûte en cul de four percée d’une fenêtre en lancette. Au second niveau, la chapelle haute possède une nef voûtée d’ogives de deux travées séparées par un arc doubleau et se termine par un chœur absidial voûté en six quartiers d’ogives et éclairé par trois longues fenêtres en tiers-point. A cet endroit, la voûte est ornée de peintures exécutées sous l’évêque Séguier par le peintre meldois Jean Senelle. Au XVème siècle, on a construit entre les contreforts, deux chapelles latérales voûtées d’ogives et éclairées par deux larges fenêtres au remplage flamboyant. A cet endroit, la retombée des ogives se fait sur des consoles présentant soit des motifs végétaux, soit des anges, soit des figures fantastiques. Dans cette chapelle, l’un des plus beaux tableaux du musée Bossuet est exposé : la déploration du Christ de Frans Floris.

Les appartements

La salle située à droite de la montée est connue sous le nom de salle Régionale dite Salle Changeux. Donnant accès à la chapelle haute, elle était autrefois divisée en deux espaces occupés par des chambres. Actuellement, cette salle accueille la toute première salle du musée Bossuet dédié à la fin du maniérisme (don Changeux).

Appelée ainsi parce que ces assemblées s’y sont tenues autrefois, La salle du Synode est aujourd’hui une magnifique pièce aux dimensions imposantes (L 15,4m x l 9,65m x H5,2m) et au plafond charpenté constitué de trois poutres maîtresses. Quatre fenêtres caractéristiques du XVIIème siècle l’éclairent sur le jardin et donnent accès à la terrasse. Aujourd’hui, elle accueille une collection de peintures du XVIIème siècle et présente des artistes tels que Blanchard, Vignon, Bon Boullogne ou encore Coypel.

A droite de la salle du Synode se trouve le salon des Evêques dit Antichambre, une salle à l’aspect noble ornée d’une jolie cheminée en marbre datant de l’époque de Louis XIV. Dans cette pièce sont exposées les œuvres d’artistes qui se sont illustrées dans le courant classique.

Située à la suite du salon des Evêques, la chambre du Roi ou Chambre de l’évêque est sans aucun doute la plus belle pièce du palais. La salle est ornée de boiseries finement sculptées datant de l’épiscopat d’Antoine de la Roche de Fontenille (1750). Elle contient également une élégante cheminée en marbre rouge de l’époque de Louis XV au dessus de laquelle une boiserie encadre en bas une glace et en haut une représentation de l’Adoration des Mages. Cette pièce qui était autrefois la chambre de Bossuet fut nommée chambre du roi car dans la nuit du 24 juin 1791, elle accueillit le roi Louis XVI, ramené de Varennes. Elle accueille dorénavant une partie de la collection de peintures du XVIIIème siècle.

Formant un avant-corps sur le jardin, le Cabinet Bossuet ou la chambre de la Reine, à la suite de la chambre du Roi, servait autrefois de cabinet de travail à Bossuet. Alors que le roi Louis XVI occupa la chambre de l’évêque, la reine Marie-Antoinette et les deux enfants passèrent la nuit dans cette pièce, d’où son nom. Tout comme dans la chambre du roi, on y trouve une cheminée surmontée d’une boiserie Empire ornée dans la partie inférieure d’une glace et dans la partie supérieure d’une toile représentant selon la tradition Henriette d’Angleterre. Cette toile rappelle, dans ce cabinet de travail de l’évêque Bossuet, l’une de ses plus célèbres oraisons funèbres prononcées avant qu’il ne devienne évêque de Meaux.

A l’extrémité Ouest du palais se trouve la salle Renaissance dite Salle Moissan, autrefois appelée la deuxième salle du palais épiscopal. Aujourd’hui, cette salle rassemble la collection de tableaux réunis par Henri Moissan, prix Nobel de chimie en 1906 et amateur d’art. Léguée à la ville de Meaux par son fils unique, cette collection réunit des artistes contemporains de Moissan tels que Courbet, Delacroix, Millet, Daubigny et forme la majeure partie du fond XIXème du musée.

A gauche de la montée se trouve la chambre des Evêques. Il s’agit d’une grande pièce carrée ornée d’une cheminée illustrée d’une représentation de la Sainte Famille. Utilisée comme chambre depuis Mgr Briçonnet jusqu’à Mgr Séguier, elle présente aujourd’hui une partie de la collection XIXème. Une antichambre, dite Salle Troubadour, dans le prolongement abrite la collection d’apothicairerie du musée provenant de l’ancien hôtel-Dieu de Meaux.

La collection permanente

Peintures & sculptures de maîtres

Le musée Bossuet

une architecture valorisée

Le palais épiscopal

un cadre historique exceptionnel